Comprendre et surmonter la dépression post-partum (POST-PARTUM, partie 2 sur 3)

 

Du baby blues à la 
dépression post-partum

 

Si le baby-blues persiste au-delà d’un mois, il peut évoluer vers une dépression post-partum dont les symptômes sont plus sévères.  Touchant environ 20 % des mères, elle peut survenir à tout moment la première année après la naissance et s’installer.

Par Aouatif ROBERT | psytherapieparis.fr

Une dépression post-partum peut se traduire par une fatigue intense, des maux de tête, de dos ou d'estomac. Il peut également y avoir des variations de l'appétit, des troubles du sommeil, des pleurs incontrôlables. Sur le plan émotionnel, on retrouve parmi les symptômes une irritabilité, une tristesse profonde, des sautes d’humeur et une difficile gestion du stress. La mère peut éprouver de l’anxiété, voire une peur de la mort. Un sentiment d’incapacité à apprécier son rôle de parent, la crainte de ne pas savoir s'occuper de son bébé ou un désintérêt pour le nourrisson génèrent de la culpabilité. Des pensées suicidaires peuvent parfois émerger.

 

Prévenir et soigner la dépression post-partum : le mal de mère

Certaines femmes s’avèrent davantage à risque : accouchement difficile, isolement, anxiété, précarité, des antécédents de dépression, résistance à la responsabilité... prédisposent à la dépression post-partum. La maternité ravive des blessures enfouies, une fêlure liée à sa propre histoire.

On observe généralement deux attitudes. La dépression post-partum peut créer un manque de connexion émotionnelle avec les autres et son bébé, la mère étant absorbée par sa souffrance. A l'inverse, un attachement excessif et anxieux conduit la mère, focalisée sur ses peurs concernant son bébé, à ne pas pouvoir supporter les séparations. Comprendre que cet état est une pathologie qui se soigne est déjà un grand soulagement.


Il est important de ne pas rester seule face à cette souffrance, souvent vécue comme un tabou où les mères s'interdisent de penser ou dire qu'elles sont malheureuses ou dépassées par leur maternité. Solliciter rapidement un soutien médical et psychologique permet d’installer un lien serein avec son bébé et renforcer sa confiance en ses capacités maternelles. Les soignants peuvent diagnostiquer et évaluer le niveau de gravité de la dépression périnatale. Elle ne dure pas toute la vie, ce n'est pas une fatalité.


Témoignage de Lili, 29 ans, bibliothécaire : « Je ne prenais aucun  plaisir à être mère, j’étais déçue de moi-même. Je n’avais pas envie de m’occuper de cet étranger, mon bébé. Il avait besoin de moi mais les échanges étaient limités (biberons, changes...). Je vivais un cauchemar : me lever, me laver, me nourrir, tout me paraissait insurmontable et pénible. Rien ne me permettait de sortir de cette douleur psychique. Je me disais qu’il fallait que ça s’arrête, que je meurs pour que mon bébé ait une meilleure maman. »
Ces pensées noires se manifestent quand la dépression post-partum devient trop profonde. Il faut consulter un médecin pour lui parler de ses peurs et fatigue persistantes, de l'évitement du contact avec son bébé ou de ses craintes de lui faire du mal.


La phobie d'impulsion post-partum : comprendre les pensées intrusives

Ces pensées récurrentes et effrayantes de causer intentionnellement du tort à son bébé ne reflètent en aucun cas les intentions réelles de la mère. Ces idées surviennent lorsque l’anxiété et le stress submergent son esprit. Elles sont causées par les changements hormonaux, le manque de sommeil, l’histoire personnelle, la pression sociale et la charge mentale liées à la maternité.


Témoignage de Mélanie, 35 ans, informaticienne : "Mon bébé là, j'ai été envahie par des pensées infanticides horribles. Je sentais que quelque chose n’allait pas, je pensais devenir folle. Je me suis retrouvée à imaginer des scénarios où je maltraitais mon enfant. Ces images mentales m’ont terrifiée et plongée dans la culpabilité. De crainte de blesser mon bébé, j’avais tendance à le délaisser. Honteuse, je me sentais seule au monde, je gardais tout pour moi de crainte de passer pour un monstre."


Il est crucial de comprendre que ces pensées sont liées à une détresse émotionnelle, non à une volonté réelle de nuire. En parler avec avec l’autre parent, un proche ou un thérapeute est essentiel pour alléger la souffrance. Verbaliser ses pensées peut retirer une partie du poids ressenti. Se concentrer sur le moment présent permet de reconnaître ces phobies d’impulsion pour ce qu'elles sont : la traduction d’un désarroi intense et d’une peur obsédante de mal agir, en aucun cas une volonté raisonnée. Soutien émotionnel, écoute et déculpabilisation contribuent à démystifier ce trouble extrêmement perturbant et à aider la maman à surmonter cet épisode éprouvant. Il est impératif de consulter un professionnel si ces pensées deviennent accablantes ou entravent sa capacité à prendre soin de son bébé. La phobie d'impulsion post-partum est soignée avec le bon suivi médical et les soins appropriés. Échanger avec un thérapeute soulage et permet de se sentir comprise, savoir que d’autres mamans traversent des expériences similaires.


Accepter ses émotions, briser le silence et rechercher du soutien thérapeutique sont des clés essentielles pour traverser la dépresssion post-partum. Chaque expérience est unique et personnelle. Il ne s’agit pas d'effrayer les futures mamans mais de savoir que les débuts dans la maternité peuvent se révéler difficile.  
On ne naît pas mère on le devient.

 

Par Aouatif ROBERT | psytherapieparis.fr

Prochainement :

 * Comprendre et surmonter le le baby clash (POST-PARTUM, partie 3 sur 3)

 

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